Photographier le monde, par GranierFamily
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Voilà, c’est notre dernier jour de visite, ici, en Italie.

C’est un peu tristounet dans nos têtes car on sait que Sienne est riche, et qu’une journée c’est peu et qu’il faut rentrer demain pour le Lot, via un petit crochet par Le Lavandou, totalement imprévu au début du séjour. Parfois, il faut entendre son ange gardien et ne pas aller à l’encontre des choses.

Parfois, il faut savoir « être » en retard. Je n’en dis pas plus pour le moment. Ça n’est pas le moment.

Sienne, je voulais absolument la visiter. Pour me faire mon idée. Car j’ai des amis qui adorent Sienne, et moins Florence. D’autres c’est l’inverse, d’autres aiment tout de la Toscane. Bref, moi je veux me faire mon avis.

Le truc géant, c’est que nous sommes à J-3 du Palio, la fameuse course de chevaux qui met les quartiers de la ville en ébullition. Et on va vite s’en rendre compte !

Tout de go : Sienne est magnifique. Petite, à taille humaine. Et très commerçante, ou commerciale, c’est selon notre point de vue.

Elle est réputée pour ses bons restaurants, ses spécialités charcutières et de biscuits, et le vin (évidemment). Alors on va essayer de goûter de tout.

Et d’en prendre plein les yeux. De mon côté, c’est difficile de tout capter, de rendre la prise de photo vivante pour nos souvenirs, démarrer à 10h du matin et finir la visite vers 16h30 avec du soleil, de la pluie, dans des rues sombres ou en plein soleil, est réellement exaltant pour l’amateur de photo qui n’a de cesse que de comprendre la lumière. Et la lumière ici, nous pouvons la trouver facilement, et vous la faire partager.

Et puis, il y a l’ambiance liée au Palio, les chants, les foulards, les drapeaux, les lampadaires aux couleurs des quartiers. Cette piste de sable que nous allons fouler dans cette place mythique …

Laissez vous guider, sans commentaire … Comme ça vous rêverez et chercherez les différents endroits de notre parcours 😉

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Ce 14 août, nous retournons pour la France. Nous devons passer par Gênes car retournons dans le Lot, et devons passer avant par le Lavandou.

Ce matin là, il pleut beaucoup à Sienne. Et c’est trempé que je chargeais la 308 SW. Eléa oublie de rendre les clés de la chambre. Puis nous oublions de prendre nos bouteilles d’eau sur le comptoir. La veille je n’avais pas fait le plein de la voiture. La flemme. En me disant que de toute façon, sur les autoroutes italiennes, le diésel est à peine plus cher qu’à la campagne… Bref, 3 minutes perdues le matin, 5 à la station. Plus ou moins de respect des limitations de vitesse (plutôt plus que moins, je le précise). Bref…

J’ai une pensée pour les 43 personnes décédées car tombées du pont Morandi, qui s’est écroulé le jour de notre retour en France, ce 14 août 2018.

A 11:50 environ, alors qu’un déluge d’apocalypse s’abat sur Gênes, nous nous retrouvons arrêtés sur l’autoroute, en sortie du tunnel, venant de Florence, du Sud, juste devant la sortie menant au pont Morandi, direction Vintimiglia…

Mais nous ne savons pas pourquoi.

Seulement, nous nous disons, il doit y avoir eu un accident (encore). Et nous restons planté là environ 30 min. Jusqu’à ce que nous voyions des voitures reculer dans la bretelle. « Ah ces italiens » … Et le GPS change subitement le trajet. « Normal, c’est bouché ». Nous changeons donc nos plans, comme d’ailleurs plusieurs véhicules devant nous et derrière nous. Nous passons par le port, puis rejoignons, bien plus loin l’entrée du péage de l’autoroute, toujours sous des trombes d’eau, et l’orage. Je précise que la visibilité est d’environ 30 à 50 mètres par moment…

Arrivés à l’autoroute, le péage est fermé. une petite dizaine de camions sont là, stoppés, et quelques voitures manoeuvrent. « il doit être grave l’accident dis donc pour que l’autoroute soit fermée, ou alors il ya trop de pluie ! ». C’est ce que l’on pense. Je reprogramme le GPS pour éviter péage et autoroute. C’est qu’on a de la route !

après 2 minutes de calculs, nous repartons, sous la tempête, la conduite est réellement difficile, encore un camion qui a dérapé, on doit le contourner, les rues de Gênes sont étroites, escarpées. Nous voyons passer des ambulances, des camions de pompiers, la police, à une vitesse folle.

35, peut être 40 minutes plus tard, vers 13h, nous retrouvons l’autoroute, non sans avoir vu les sorties fermées par des voitures de police.

Et un appel retenti dans la voiture, j’ai le main libre intégré, je réponds. C’est notre belle-soeur au bout du fil, la voie tremblante. Où est vous, où êtes vous ? Pourquoi ??? Ben on va vers Ventimille ? on a quitté Gênes, c’est la bazard !!!

« Oui, vous n’êtes pas au courant ??? », non quoi ???

« Le pont, le pont, il s’est écroulé »…

Voici où nous nous trouvions, en jaune, 1 min après que le pont Morandi ne tombe, à Gènes.
Devant nous, peut-être 50, 100 véhicules, nous ne savons pas. Mais nous, nous étions à 1 min. À 1 min près de tomber.

Alors peut-être que ces 5 minutes perdues ce matin, nous ont sauvées. Ou est-ce le destin.